Clémence RoseChargée de recherche CNRS au Laboratoire de météorologie physique (LaMP, CNRS/Université Clermont Auvergne)
Chargée de recherche au Laboratoire de météorologie physique
L’attrait de Clémence Rose pour la recherche s’est imposé tardivement. Alors qu’elle envisage un master d’enseignement, une autre voie s’ouvre : « Pourquoi ne pas explorer celle de la recherche ? » se souvient-elle. Elle s’intéresse alors aux particules fines, formées par la condensation d’espèces gazeuses faiblement volatiles. Son post-doctorat l’emmène à l’Université d’Helsinki, en Finlande, où elle bénéficie d’instruments de pointe, de sites d’échantillonnage remarquables — de l’Arctique aux forêts boréales — et d’un accès à des jeux de données uniques. Ses travaux mettront en évidence la formation de nouvelles particules la nuit, en forêt boréale, à partir de précurseurs biogéniques. De retour en France, elle rejoint le CNRS en 2018 et s’implique dans le projet ERC Sea2Cloud, où elle étudie les flux d’aérosols marins à la surface de l’océan ; elle s’intéresse aussi aux panaches volcaniques, dans lesquels elle explore la formation de nouvelles particules et porte une attention particulière à l’acide sulfurique, « moteur » du processus.
En 2023, Clémence Rose obtient une bourse ERC Starting Grant pour le projet HAVEN visant à développer un dispositif expérimental pour mieux comprendre la formation de ces particules au-dessus des océans, cette-fois ci en altitude. Son terrain d’étude : l’observatoire du Maïdo. Perché à 2 200 mètres sur l’Île de La Réunion, c’est un site idéal pour observer la troposphère libre marine, qui pourrait présenter des conditions particulièrement favorables au déroulement de la nucléation.
Mais étudier les aérosols formés en troposphère libre depuis un site d’altitude n’a en fait rien d’évident : le jour, lorsque les conditions sont propices à la nucléation, les masses d’air remontent préférentiellement des basses altitudes. Elle déploie alors une approche originale : conduire des expériences en chambre semi-contrôlée la nuit, avec de l’air issu de la troposphère libre qu’elle expose à un éclairage artificiel représentatif du rayonnement solaire. Un véritable « tour de passe-passe » scientifique.
Attachée à la transmission, Clémence Rose encadre régulièrement de jeunes chercheurs : « Certains peuvent rencontrer des difficultés d’intégration ou matérielles en début de carrière. Je veux leur apporter le soutien que j’ai moi-même reçu. » Cette solidarité, elle la revendique aussi dans la reconnaissance de ses travaux : « Une distinction comme la médaille de bronze du CNRS, c’est la preuve que quelqu’un croit en vous. »