Benjamin Rey, Bruno Spataro, Nelly Burlet, Hugo Chignec, Lionel Humblot, Paul Revelli, Rébecca Garcia, Nicolas Blache, François Débias, Marine Hoareau © DR

Collectif suivis longitudinaux

Cristal collectif du CNRS

Les suivis écologiques de long terme constituent un outil essentiel pour comprendre les dynamiques du vivant. Au Laboratoire de biométrie et biologie évolutive (LBBE - CNRS / Lyon 1 Université /VetAgro Sup), le collectif « suivis longitudinaux » assure depuis plusieurs décennies la continuité de ces observations sur le terrain. En garantissant la qualité, la cohérence et la traçabilité des données, il rend possible l’étude des populations naturelles dans la durée. Le collectif reçoit la médaille de cristal collectif du CNRS 2026.

Ces suivis reposent sur un principe structurant : la répétition des observations dans le temps, indispensable pour relier l’histoire des individus aux variations de leur environnement. Sur le terrain, le collectif met en œuvre des protocoles standardisés et exigeants sur cinq populations naturelles : marmottes alpines, chevreuils, sangliers, cincles plongeurs et chênes sessiles. « On les capture, on les marque, puis on les recapture lors des campagnes de terrain suivantes ; cela permet de  retracer l’histoire de vie d’un animal », explique un membre du collectif. Ces méthodes sont complétées par des mesures morphologiques, physiologiques et des prélèvements biologiques.

Certaines innovations techniques donnent lieu à une adaptation des dispositifs mis en place. Par exemple, des systèmes RFID (Radio Frequency Identification) permettent d’identifier automatiquement les marmottes via des portails installés à l’entrée des terriers, tandis que des colliers GPS sont utilisés sur les chevreuils pour analyser leurs déplacements et l’occupation de l’espace. Pour les chênes, des campagnes d’observation et des images de drones permettent de suivre la floraison et la production fruitière.

L’organisation du travail est un élément central. En amont des campagnes, les équipes assurent la logistique, la préparation du matériel et l’organisation des plannings. Sur le terrain, elles consacrent en moyenne plus de cent jours par an, et par personne, à la collecte des données, souvent dans des conditions difficiles et sur des sites éloignés. « Si on échantillonnait des individus au hasard tous les cinq ans, on n’aurait pas la même qualité d’information et et capacité d’interprétation des processus écologiques », précise Emmanuel Desouhant, directeur adjoint du laboratoire. En aval, elles garantissent la bancarisation et la structuration des données dans des bases relationnelles conçues pour assurer leur reproductibilité et leur réutilisation à long terme.

Les données produites alimentent des recherches en écologie évolutive, en écotoxicologie, en démographie et en gestion de la faune sauvage. Elles permettent par exemple d’étudier l’impact du mercure sur les cincles plongeurs, la dynamique des populations de sangliers ou encore les effets du changement climatique sur la structure sociale chez marmottes et la régénération des peuplements forestiers. Le LBBE est impliqué dans 5 suivis longitudinaux et tous son labellisés SEE-Life par le CNRS.